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Déserts médicaux en France : carte, chiffres et alternatives par commune

Déserts médicaux en France : carte par commune, chiffres DREES, alternatives (MSP, télémédecine, IPA) et villes les mieux dotées en médecins.

📅 21 July 2026 ⏱ 15 min de lecture
Déserts médicaux en France : carte, chiffres et alternatives par commune
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Près de 9 millions de Français vivent dans un désert médical. Trouver un médecin traitant, obtenir un rendez-vous chez un spécialiste ou accéder à un service d'urgences en moins de 30 minutes : dans de nombreuses communes, ces actes de base deviennent un parcours du combattant. Nous avons analysé les données de la DREES, de l'Assurance Maladie et de l'ARS pour dresser la carte détaillée des déserts médicaux en France, identifier les alternatives qui fonctionnent et repérer les territoires qui s'en sortent mieux que les autres.

Désert médical : de quoi parle-t-on ?

Un désert médical est un territoire où l'accès aux soins de premier recours est insuffisant. La mesure officielle repose sur l'Accessibilité Potentielle Localisée (APL), un indicateur développé par la DREES et l'IRDES. Il croise le nombre de médecins disponibles avec la population à desservir, en tenant compte de l'âge des patients, de l'activité des praticiens et des distances géographiques.

En France, la densité moyenne de médecins généralistes est d'environ 9,4 pour 10 000 habitants. Les zones sous-dotées (APL inférieur à 2,5 consultations par an et par habitant) regroupent environ 9 % de la population, soit 6 à 9 millions de personnes selon les critères retenus.

Mais les données brutes ne suffisent pas. Un territoire peut avoir un nombre correct de médecins sur le papier tout en posant des problèmes d'accès : médecins proches de la retraite, refus de nouveaux patients, délais de rendez-vous de plusieurs mois chez les spécialistes.

La carte de France des déserts médicaux

Les zones sous-dotées se concentrent dans plusieurs grands types de territoires :

  • La diagonale du vide : des Ardennes à l'Ariège, en passant par la Nièvre, le Cher, la Creuse et le Lot. Ce ruban de faible densité cumule vieillissement de la population et départ des jeunes médecins.
  • Les périphéries des grandes villes : les communes périurbaines entre 5 000 et 20 000 habitants, trop loin de l'hôpital de la métropole et pas assez attractives pour fixer des médecins libéraux.
  • Certaines zones de montagne : Alpes du Sud, Pyrénées, Massif central, Vosges.
  • Des villes moyennes en difficulté : Guéret, Montluçon, Aurillac, Lure, Château-Thierry.
DépartementMédecins gén. /10k hab.% communes sous-dotéesTendance
Mayenne (53)6.272 %Dégradation
Eure (27)6.568 %Dégradation
Eure-et-Loir (28)6.865 %Stable
Cher (18)7.063 %Dégradation
Indre (36)6.967 %Dégradation
Ain (01)7.158 %Stable
Orne (61)6.670 %Dégradation
Nièvre (58)7.264 %Dégradation
Creuse (23)7.560 %Stable
Loir-et-Cher (41)7.061 %Stable
Le paradoxe : la France forme plus de médecins que jamais (environ 10 000 par an), mais les départs à la retraite et la concentration géographique créent un déficit croissant dans les territoires peu attractifs. Le numerus clausus a été supprimé en 2020, mais les effets ne se feront sentir qu'à partir de 2030.

À l'inverse : les villes les mieux dotées en médecins

Certaines villes affichent des densités médicales très supérieures à la moyenne nationale, souvent grâce à la présence d'un CHU ou d'une faculté de médecine :

VilleMédecins gén. /10k hab.Spécialistes /10k hab.Raison
Nice31.542.0CHU, fac médecine
Montpellier29.838.5CHU, fac médecine
Toulouse27.535.2CHU, fac médecine
Bordeaux26.834.0CHU, fac médecine
Lyon25.233.8HCL, fac médecine
Perpignan34.025.0CH, attractivité climat
Toulon30.328.5Hôpital militaire, climat
Brest24.130.2CHU, fac médecine

Notre classement des 20 villes avec le meilleur accès aux soins détaille ces données. Pour ceux qui font de la santé une priorité, ces villes représentent un choix rationnel.

Les conséquences concrètes d'un désert médical

Vivre dans un désert médical a des répercussions mesurables :

Les conséquences concrètes d'un désert médical
  • Délai moyen pour un rendez-vous chez le généraliste : 6 jours en zone bien dotée, 15 à 30 jours en zone sous-dotée.
  • Délai pour un spécialiste : 45 à 120 jours pour un ophtalmologiste, 30 à 90 jours pour un dermatologue en zone sous-dotée.
  • Distance aux urgences : 30 minutes ou plus pour 8 % de la population (contre moins de 15 minutes en zone urbaine).
  • Renoncement aux soins : 12 % des habitants de zones sous-dotées déclarent avoir renoncé à des soins par manque de disponibilité, contre 4 % en zone bien dotée.
  • Impact sur l'immobilier : les communes sans médecin traitant voient leurs prix immobiliers stagner ou baisser. Notre carte médecins vs prix immobilier illustre cette corrélation inversée.

Les alternatives qui se développent

Face à la pénurie, plusieurs solutions émergent dans les territoires sous-dotés :

1. Les maisons de santé pluriprofessionnelles (MSP)

Regroupement de médecins, infirmiers, kinés et pharmaciens dans un même lieu. La France en compte plus de 2 400, contre 800 il y a dix ans. Les MSP facilitent l'installation de jeunes médecins grâce au travail en équipe et au partage des charges.

2. La télémédecine

Les consultations à distance ont explosé depuis 2020. En zone sous-dotée, la téléconsultation permet d'accéder à un médecin sans déplacement. Cependant, elle ne remplace pas l'examen clinique et exclut les patients sans accès numérique (personnes âgées, zones sans fibre). Vérifiez la couverture fibre de votre commune.

3. Les infirmiers en pratique avancée (IPA)

Depuis 2018, les IPA peuvent assurer le suivi de patients chroniques stabilisés (diabète, hypertension, asthme). Environ 1 500 IPA exercent en France, un chiffre en croissance rapide.

4. Les médecins salariés par les collectivités

Certaines communes embauchent directement des médecins comme agents municipaux. Ce modèle, longtemps marginal, se développe : plus de 300 communes y ont recours. Le médecin bénéficie d'un salaire garanti et de conditions de travail régulées, en échange d'un engagement de durée.

5. Les communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS)

Les CPTS coordonnent les professionnels de santé d'un territoire pour organiser la prise en charge : accès aux soins non programmés, prévention, parcours de soins. Plus de 700 CPTS sont en fonctionnement en France.

Les incitations financières pour les médecins

Les pouvoirs publics multiplient les aides pour attirer les médecins en zone sous-dotée :

  • Contrat d'engagement de service public (CESP) : bourse de 1 200 €/mois pour les étudiants en médecine en échange d'une installation en zone sous-dotée pendant une durée équivalente.
  • Aide à l'installation de l'Assurance Maladie : jusqu'à 50 000 € pour les médecins s'installant en zone sous-dense.
  • Exonérations fiscales : zone de revitalisation rurale (ZRR), exonération d'impôt pendant 5 ans.
  • Aides des collectivités : logement, local professionnel, prime d'installation. Certaines communes offrent des packages allant jusqu'à 100 000 €.

Ces mesures attirent des médecins, mais pas toujours durablement. Le turn-over reste élevé dans les zones les plus isolées.

Choisir sa ville en fonction de l'accès aux soins

Si l'accès aux soins est un critère déterminant pour vous (famille avec enfants en bas âge, pathologie chronique, seniors), voici nos recommandations :

Choisir sa ville en fonction de l'accès aux soins
  • Privilégiez les villes avec un CHU ou un hôpital de référence : la présence d'un centre hospitalier garantit l'accès à un plateau technique complet et à des spécialistes.
  • Vérifiez la densité de médecins généralistes : au-dessus de 12 pour 10 000 habitants, l'accès est confortable. En dessous de 8, des difficultés sont à prévoir.
  • Consultez les délais de rendez-vous : le site de l'ARS de votre région publie des indicateurs d'accès par territoire.
  • Anticipez : dans les zones tendues, inscrivez-vous auprès d'un médecin traitant dès votre arrivée.

Notre trouveur de ville personnalisé intègre l'accès aux soins comme l'un des critères de recherche. Vous pouvez le pondérer selon vos priorités.

Le critère oublié : au-delà du nombre de médecins, vérifiez si les praticiens acceptent de nouveaux patients. Dans certaines villes bien dotées en apparence, la majorité des généralistes ont fermé leur patientèle. L'ARS publie des listes de médecins acceptant de nouveaux patients, mais elles sont rarement à jour.

L'avenir des déserts médicaux

Les projections de la DREES sont mitigées. Le nombre de médecins en exercice devrait rester stable jusqu'à 2030 puis remonter progressivement grâce à la suppression du numerus clausus. Mais la répartition territoriale ne s'améliorera pas automatiquement : les jeunes médecins continuent de préférer les grandes villes et le littoral.

Plusieurs pistes sont à l'étude : obligation d'installation temporaire en zone sous-dotée (controversée), déploiement massif de la télémédecine, délégation de tâches aux pharmaciens et infirmiers, multiplication des MSP. Aucune mesure isolée ne suffira : c'est la combinaison de ces outils qui permettra de réduire les inégalités.

Questions fréquentes

Combien de Français vivent dans un désert médical ?

Selon les critères utilisés, entre 6 et 9 millions de Français vivent dans une zone sous-dotée en médecins généralistes. L'indicateur APL (Accessibilité Potentielle Localisée) de la DREES identifie environ 9 % de la population en zone d'accès insuffisant.

Quels départements sont les plus touchés ?

La Mayenne, l'Eure, l'Eure-et-Loir, l'Orne, l'Indre, la Nièvre et le Cher figurent parmi les départements les plus touchés, avec plus de 60 % de communes sous-dotées. La « diagonale du vide » (Ardennes-Ariège) concentre les situations les plus critiques.

La télémédecine peut-elle résoudre le problème ?

La télémédecine complète l'offre de soins mais ne la remplace pas entièrement. Elle convient pour le renouvellement d'ordonnances, le suivi de pathologies chroniques stabilisées et les consultations de premier recours. L'examen clinique, les urgences et les pathologies complexes nécessitent toujours un contact physique.

Existe-t-il des aides pour s'installer comme médecin en zone sous-dotée ?

Oui. L'Assurance Maladie offre jusqu'à 50 000 € d'aide à l'installation. Les zones de revitalisation rurale (ZRR) proposent des exonérations fiscales. De nombreuses collectivités ajoutent des primes (logement, local professionnel, aide à l'emploi du conjoint). Le CESP offre une bourse aux étudiants en échange d'un engagement d'installation.

Comment vérifier si ma future commune est en désert médical ?

Consultez le site de l'ARS de votre future région, qui publie les zonages et les indicateurs APL par commune. Vous pouvez aussi vérifier sur le site de l'Assurance Maladie (annuaire santé) le nombre de médecins acceptant de nouveaux patients dans le secteur. Notre guide détaillé des déserts médicaux fournit aussi des données par ville.

L'accès aux soins influence-t-il les prix immobiliers ?

Oui. Les données montrent une corrélation entre la densité médicale et les prix immobiliers : les communes sans médecin traitant voient souvent leurs prix stagner. Notre article médecins vs prix immobilier détaille cette relation inversée.

Sources : DREES (Atlas des déserts médicaux, indicateurs APL), Assurance Maladie / CNAM (données médecins, CESP), ARS (zonages), INSEE (démographie), IRDES (études accessibilité).

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Avertissement

Les données présentées sur cette page proviennent de sources officielles publiques (DVF, INSEE, Météo-France, RPPS, Géorisques, Éducation Nationale, ADEME, ARCEP, SSMSI) publiées sous Licence Ouverte 2.0. Elles sont fournies à titre informatif et ne constituent en aucun cas un conseil en investissement, un avis médical ou une recommandation personnalisée.

l’éditeur s'efforce de maintenir ces informations à jour mais ne garantit pas leur exactitude, leur exhaustivité ni leur actualité. Les données peuvent présenter des écarts avec la réalité en raison des délais de publication des sources, d'arrondis statistiques ou de changements survenus après la dernière mise à jour.

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